Love Me Not

Alexandros Avranas, 2017, Grèce/France, DCP, version originale grecque sous-titrée français, 102', 16/16 ans

ME, JE 20:40 | SA 15:40 | DI 20:40

Description

En 2016, le Cinéma Bellevaux avait l’honneur d’être l’une des seules salles au monde à avoir sorti «Miss Violence» d’Alexandros Avranas, métaphore aussi brillante qu’unilatéralement radicale du trauma imprimé par les mesures d’austérités européennes sur un peuple grec forcé, jusqu’à la névrose, de les accueillir sans frémir. Rare film qu’il fût alors décidé d’accompagner d’une mise en garde en préambule de chaque séance, «Miss Violence» introduisait une idylle à suivre entre le cinéma d’Avranas, qu’il dit pensé comme une cure contre la «léthargie», et le Cinéma Bellevaux, qui cherche depuis bientôt 60 ans à questionner l’inamovibilité des lignes. Pour «Love Me Not» (son quatrième film), celui qui posait en 2008 avec «Without» les jalons de l’actuelle «Nouvelle vague grecque» affine encore sa grammaire et développe ce vocabulaire si singulier qui perpétue ici le lexique signant sa marque de fabrique. S’il est évident d’associer ce cinéma à celui de son contemporain Yórgos Lánthimos («Canine», «The Lobster»), avec qui il partage d’ailleurs une partie de son équipe technique, les films d’Avranas s’en distinguent par une inspiration initiale usuellement tirée de faits divers, qu’il habille d’une symbolique politique dénuée des traits d’humour chers à son compatriote. «Love Me Not» se présente donc comme une tragédie en trois actes et à trois visages, fardés d’interprétations multiples et imageant autant de symptômes qui griffent, marquent et nécrosent bien au-delà de la seule crise de la dette grecque. Intelligible et intelligent, «pasolinien» selon certains, à la plastique aussi inspirée qu’impeccable, et universellement européen, le cinéma d’Alexandros Avranas s’inscrit comme une poésie à la violence nécessaire, dont le Cinéma Bellevaux est très heureux de présenter cette année le nouveau recueil.