L'île sans rivages

Caroline Cuénod, 2018, Suisse, DCP, version originale française et allemande sous-titrée français, 75', 16/16 ans Avant-première en présence de la réalisatrice

Mardi 22 mai à 20:00

Description

La Suisse est un terre de paradoxes. Alors qu’elle ne produit presque aucune matière première,elle parvient à subvenir à ses besoins. Comment fait-elle venir d’outre-mer la farine, le café, le pétrole, les métaux ? Cette question de logistique atteint son point critique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pays enclavé, entouré des Forces de l’Axe d’une part, et des Alliés de l’autre, la Suisse s’est vue coupée du monde.Les marchandises n’atteignaient plus ses frontières.. Berne décida alors de se doter d’un pavillon maritimeneutre. Encore fallait-il faire connaîtrre au monde entier cette nouvelle flotte. Pour ne pas qu’elle se fasse couler.

L’Europe a depuis longtemps retrouvé la paix, mais la flotte marchande suisse navigue toujours. Elle est même l’une des plus importantes des pays enclavés.

En compagnie du jeune et timide Alexandre, nous embarquons au Vietnam sur l’un des derniers bâtiments de la flotte, le Diavolezza, construit pour l’incontournable société Suisse Atlantique.

Pendant ce temps-là Jacques Voirol, l’un des premiers marins suisses, nous fait revivre avec passion les périples sur les mers minées de 1941. Et le journaliste Pietro Boschetti explore avec persévérance les archives fédérales afin de comprendre comment ce qui fut une mesure d’urgence pendant la guerre a pu devenir l’un des mécanismes logistiques les plus conséquents et discrets de la Suisse actuelle. Il découvre que le manque d’accès à la mer a déclenché des projets de dimensions pharaoniques. N’a-t-on pas réfléchi pendant plus d’un siècle à construire un port central européen entre Genève et Bâle ? Et comment a-t-il été question de faire de Monaco un canton suisse ? De tous ces projets peu subsistent. Bâle est resté notre port maritime, avec le Rhin comme cordon ombilical.

Enfin, c’est dans un minuscule bureau de la Berne fédérale que la réalisatrice rencontre le Chef d’état-major de l’Approvisionnement du pays. Le très administratif Beat Gujer est à la tête de cinq employés qui gèrent des milliers de silos et citernes. Il garantit en tout temps la stabilité alimentaire, industrielle et économique du pays, et entretient ainsi la promesse idéologique que la Suisse est une île, immuable, imperturbable face aux incertitudes que pourrait lui réserver l’avenir.