Obey

Jamie Jones, 2018, Royaume-Uni, DCP, version originale anglaise sous-titrée français, 96', 16/16 ans

Toujours à l'affiche

Description

«Obey» se passe dans les rues du quartier Hackney, dans le East End de Londres, un des centres névralgiques des émeutes de Londres de 2011. Les médias ont décrit ces émeutes comme une réaction à la mort de Mark Duggan, abattu par la police Tottenham, et certains affirment que l'agitation qui a suivi a été entretenue par des hooligans et des cambrioleurs (voire des anarchistes) souhaitant profiter de la colère pour passer à sac des magasins et voler les gens dans la rue, que ce n'était pas une manifestation de protestation politique mais de l'opportunisme. Ces reportages sur la mort de Duggan et la colère civile qui s'est ensuivie apparaissent tout au long du film, projeté dans la section Compétition internationale – Fictions du Festival de Tribeca, à chaque fois qu'un personnage passe devant un écran de télévision. Jones, dont c'est le premier long-métrage, tente ambitieusement de replacer les émeutes dans leur contexte, comme symptôme d'une crise sociale plus vaste résultant des politiques économiques de Thatcher et Blair, qui ont élargi l'écart entre les riches et les pauvres. Quand l'austérité a frappé, après le déclenchement, en 2008, de la crise économique mondiale, la colère est remontée à la surface, notamment à travers le mouvement Occupy. Jones choisit de raconter cette grande histoire par un petit bout de la lorgnette, en se concentrant sur le quartier de Hackney pour développer l'argument selon lequel la gentrification rapide de la zone, le manque d'opportunités pour les locaux et l'ennui ont autant été les facteurs du déclenchement des émeutes que le meurtre de Duggan et l'opportunisme criminel.– Kaleem Aftab, Cineuropa